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vendredi 19 janvier 2007

C'est mon p'tit doigt qui...

... sur la couture, m'a dit, tu vas bien rire en lisant ceci.

Mot de l'éditeur
La République française s’affirme volontiers volubile, sinon éloquente, le mot se substituant volontiers à l’acte.Plus propre aux métamorphoses qu’un héros homérique, par cinq fois inventée sous des formes diverses, ce régime, instauré par des avocats et des professeurs, voire des poètes, ne saurait être que fertile en mots – certains disent plus noblement "paroles". Ce qui surprend, en cette effervescence, de l’un à l’autre des vingt-trois présidents qu’accueillit en un siècle et demi l’immuable Élysée, c’est qu’en fin de compte le recours aux mots n’ait pas été inversement proportionnel au passage à l’acte. Les plus inertes n’ont pas été les plus éloquents. La croissance exponentielle du pouvoir présidentiel n’a cessé de s’accompagner de celle de l’éloquence, de Louis Napoléon Bonaparte à Jacques Chirac.

Et tout çà pour 2 euros qui feront des heureux.

Morceaux choisis :
Au petit jeu des "qui a dit" voici quelques profondes pensées présidentielles, mais aussi des méchancetés, des perles, des loupés, etc. :

Une phrase à offrir aux adeptes des sondages: "Seuls les quatre derniers jours sont décisifs. Cela ne sert à rien de mobiliser les gens d'ici là..." (VGE).

Une répartie de De Gaulle à VGE lors d'un conseil des ministres (VGE étant alors ministre des finances) qui venait "vendre" l'emprunt Giscard d'Estaing... Et De Gaulle de dire : "...Giscard d'Estaing est un joli nom d'emprunt !!!"

Une méditation sur l'état et le libéralisme : "Il n'y a eu de France que grâce à l'Etat. La France ne peut se maintenir que grâce à lui". (De Gaulle).

Qu'est ce qu'un Président ? "Un eunuque politique" (Thiers), "Un homme est peu de chose, même quand il est président de la république" (Félix Faure). (La première définition ne s'applique bien sûr pas au second, vu sa mort)...

Chirac vu par Mitterrand : "Chirac est un De Gaulle sans 18 juin, mais disponible pour un 13 mai".

Dans sa préface, Jean Lacouture dresse un rapide et brillant historique de la fonction présidentielle à travers les 4 Républiques qui ont adopté ce rôle (avec des pouvoirs variables). Dans cet essai, admirablement écrit, le biographe relativise la parenté de fonction et le poids des 23 personnalités qui ont occupé l'Elysée.

"Essayer de comparer l'écho donné à un propos du chef de l'état au temps de l'affaire Dreyfus ou à l'époque de l'affaire Clearstream n'a pas de sens", écrit-il.

Et pourtant, rappelle-t-il, c'est à un Président de la République (et pas le plus grand d'entre eux, Félix Faure) que Zola adressa un des plus beaux textes "qu'ait inspiré la soif de justice", le fameux "J'accuse".

"Mis à part De Gaulle, qui déplace les données et les perspectives comme un autre les montagnes, n'est-il pas savoureux du M.Thiers en Mitterrand, du Poincaré en Pompidou, du Doumergue en Vincent Auriol et du Louis-Napoléon en Jacques Chirac", conclut Lacouture.

Pour terminer, citons le président Doumergue :
"Jamais un grand homme n'a pu devenir président de la République"... Avis aux candidats.

Lacouture, interviewé hier en fin d'après-midi par Jean Luc Hees sur RadioClassique, avoua à demi-mot que "ses" deux meilleurs présidents sont De Gaulle et Mitterand dans le maniement des mots et des phrases assassines.

C'est Billedeclownitiquement correct !

lundi 11 décembre 2006

Le mouton, çà coule de source...

Du mouton au robinet ?
Il va me rendre chèvre celui-là !

Un lien entre mouton et robinet ? Oui, un lien historique, que voici :
Robinet, terme qui désigne l'appareil raccordé à la fin d'une canalisation, est le diminutif de Robin.
Et Robin est le surnom donné au mouton au Moyen Âge.



Mais pourquoi le mouton ? Parce qu'à l'origine l'extrémité des tuyaux de fontaines était ornée d'un mascaron représentant une tête de mouton stylisée…

Et depuis nous voyons nombre de fontaines avec têtes de lion, d'Eole, de putti, etc...




Mon seul désespoir est de ne pas avoir en jet continu du Mouton R à mon robinet ?!

Billedeclownment Robinet des Bois !

jeudi 23 novembre 2006

Du beurre et du vin... C'est Versailles !


Ah, c'est quoi ce baratin, ce baragouinage me direz-vous ?

C'est bien de l'étymologie de ces mots, et leur entrée dans la langue française qui m'amuse de vous faire partager...

Baragouiner, est entré dans la langue française fin XVIIe, début XVIIIe (suivant les experts) avec l'arrivée à Versailles des aristocrates bretons, forts peu penchés pour la langue de Molière et usant toujours de leur belle langue natale. (Non ce n'est pas jeter de l'eau sur les Breizh !!!)
Au cours des repas collectifs (eh oui même à la Cour, il y avait des cantines) la majorité des convives ne pipant traître mots de nos ancêtres, n'ont retenu que ceci : "bara" & "gouine" les deux expressions les plus utilisés à l'époque par les bretons lors des repas.
Bara (barat) pour le beurre, autrement dit : passe-moi l'beurre !
Gouine (gwin) pour le vin, autrement dit : passe-moi l'vin !


La traduction de Bara - Gouine reste ouverte, certains prétendent qu'il s'agirait plutôt du "pain" et de l' "eau" ? J'en appelle à votre culture bretonne !

Le baratin en est un dérivé qui naquit au XIXe.

Et voici comment deux mots anodins se réunirent pour définir un discours que personne ne comprend !

Pour des raisons évidentes d'évolution des moeurs en Bretagne, heureusement que ce nouveau mot ne naquît point au XIXe, car il aurait pu donner : barachouchen ! La consommation de vin ayant été fortement remplacée !